jan
27

Liberté !

Messieurs les « penseurs », hauts-dirigeants, souverains des pays, vos peuples en appellent à votre bon sens. Vous avez le monde entre vos mains, et « vous jouez avec comme un gosse qui a trouvé le flingue de son père ». Votre intarissable soif d’argent a fini par vous menez, opportunistes et égoïstes que vous êtes, à diriger des pays qui, autrefois, furent de grands pays. Les alliances que vous nouez, secrètement, sont tout aussi répréhensibles que les alliances de malfaiteurs que vous poursuivez. Vous avez leurré vos peuples en leur promettant pureté, transparence, sécurité. Depuis le début de cette année 2012, vous montrez à vos peuples vos vrais visages.

Nous savions, nous avons toujours su, que vous intentions n’étaient pas aussi pures que prétendues. Mais vous nous octroyiez tout de même notre liberté. Maintenant que vos pays ont traversé de graves crises politiques et financières, vous n’avez presque plus rien à ôter à vos peuples. Seulement leur liberté.

Vous pouvez encore contrôler certains de vos gens, ceux n’ayant pas ou ne s’intéressant pas à Internet, parce qu’ils n’ont pas accès aux pensées mondiales, ou la possibilité de communiquer avec elles. Vous les enfermez dans ce carcan, dans ce linceul qu’est la pensée unique : la votre, tandis que ceux pour qui Internet est « la mère patrie » vous observent. Nous vous observons, et tôt où tard, nous vous condamnons. Pourquoi ? Parce qu’Internet n’appartient à personne, parce qu’Internet appartient à tout le monde. Internet n’est pas un organisme gouvernemental, il n’est pas et ne peut pas être géré par la politique, parce que nous, ses habitants, nous nous y opposons. En resserrant vos liens autour du réseau mondial, vous accélèrerez la mise en route de réseaux parallèles, que jamais vous ne pourrez contrôler.

Nous nous opposons, et nous le ferons avec la même véhémence que vous, à tout contrôle sur Internet. Si vous usez de la voie diplomatique, nous riposterons par la diplomatie. Si vous employez la force, nous emploierons la force.

En premier lieu, nous nous battons pour la Liberté. Pas la liberté de « pirater ». La Liberté, celle de s’exprimer, en nom propre ou sous un pseudonyme, illustré par notre propre photo ou par un avatar. La Liberté de dévoiler ce que vous voulez cacher à vos peuples. La Liberté pour tous de savoir ce que vous faites de l’argent public, comprendre pourquoi vous doublez ou tripler vos salaires, pourquoi votre ingérence a coulé vos pays. Nous voulons tout savoir, nous exigeons de tout savoir. C’est notre droit – notre Liberté – de savoir, ou plus exactement, c’est votre devoir en tant que souverains. Alors, avant de réclamer de la transparence de vos peuples, ayez la décence de l’être vous-même. Nous n’avons pas élu des dirigeants pour qu’ils s’enrichissent, pour qu’ils puissent voyager en jets privés, boire des cocktails, manger des gambas préparées par des chefs étoilés et rouler en voiture de luxe. Nous avons élu des dirigeants responsables, chargés d’assurés la pérennité de leur pays, la sécurité et l’intégrité de leurs peuples.

Ensuite, nous nous battons pour la sécurité. Les lois et traités dont nous parlons actuellement, tels que SOPA, PIPA, ACTA, LOPPSI, vont à l’encontre d’un principe séculaire : les États ont pour mission d’assurer la sécurité de leurs peuples. Autoriser des tiers à avoir un accès direct à des informations personnelles met en péril l’intégrité physique et psychologique de vos peuples. Vous donnez tout pouvoir à des sociétés mafieuses de faire taire à tout jamais ceux qui s’opposent à elles. Ces lois et traités ne sont pas seulement liberticides, ils sont également meurtriers. Pire encore : vous n’assassinez pas vous-même vos peuples, vous mandatez des tueurs à gage pour le faire. Nous, Internautes de tous pays, de toutes nationalités, de toutes religions, exigeons le retrait immédiat de telles menaces à nos vies. Aucun gouvernement au monde n’a le droit de faire peser de telles ignominies sur les épaules de son peuple.

En tant qu’Internautes, nos réclamons votre retrait de toute affaire politique concernant Internet. En tant que français, polonais, tunisiens, américains, norvégiens, russes, chinois, nous réclamons que vous vous recentriez sur les problèmes de nos pays, en commençant par vous remettre en question. En tant qu’Hommes et Femmes, nous exigeons que vous nous rendiez nos Libertés, notre sécurité, que vous abandonniez les sociétés mafieuses que vous enrichissez et qui vous enrichissent. Nous voulons pouvoir à nouveau aimer nos dirigeants, en être fiers, et être fiers de nos nations. Et pas par crainte. Par respect.

Les voix de vos peuples s’élèvent depuis trop longtemps sans jamais atteindre la moindre oreille pour les écouter. Déjà certains se sont soulevés mais vous continuez d’ignorer vos peuples, préférant les séduisantes sérénades des sociétés mafieuses, des gouvernements implacables, des accords juteux, dans un mépris total de ceux qui vous ont fait confiance en votant pour vous.

Aujourd’hui, en 2012, d’une seule voix, les Internautes du monde entier vous le disent : « Cela suffit ». Nous ne permettons plus que vous votiez des lois à huis-clos, que vous signiez des traités en comité restreint. Nous sommes représentés par des centaines de personnes dans chaque pays. Comment pouvons-nous encore faire confiance à des dirigeants capables de voter des lois lorsque seulement une dizaine de ces représentants sont présents ? Comment peut-on encore nommer cela « Démocratie » ? C’est insulter la mémoire de ceux qui sont morts pour faire tomber les rois, la mort de ceux qui nous ont préservé des tyrannies et des dictatures.

Peut-être que nous n’avons pas agi comme les Anonymous. Peut-être que nous n’avons pas encore eu à combattre comme les tunisiens. Mais le moment venu, nous aussi, nous nous battrons pour notre Liberté. Et sachez bien cela : les Internautes qui se battront contre leur gouvernement seront épaulés par les Internautes des autres pays, parce qu’Internet est un pays dont les habitants sont solidaires.

jan
25

Quand certains médias n’ont rien compris…

Free Mobile a ouvert ses portes depuis le 12 janvier. Année marquée d’une pierre blanche dans l’histoire de la téléphonie mobile, permettant aux français d’avoir un abonnement mobile à tarif enfin raisonnable.

Je passerai outre la scandaleuse propagande anti-Free orchestrée par les trois autres opérateurs, dénigrant le réseau, insultant son architecte, diffamant l’infrastructure, pour n’évoquer qu’une chose : les médias qui n’ont rien compris.

C’est le cas par exemple de Tom’s Guide, qui publie un dossier aberrant, portant honteusement le titre de « 10 raison de ne pas s’abonner« . Tom’s Guide serait sponsorisé par Orange, SFR ou Bouygues pour poursuivre la propagande ?

Je vais traiter chacun des dix points soulevés dans cet article. Présenté comme un diptyque, je mettrai mon billet à jour lorsque Tom’s Guide aura ajouté ses autres idioties.

La portabilité fonctionne mal

Pour commencer, le titre est erroné. Peut être est-ce par soucis d’économiser des caractères (ce qui est contraire à la pratique journalistique habituelle – je précise avoir été journaliste pour Presence-PC qui a été racheté par Tom’s), ou bien peut-être est-ce réellement le bordel dans la tête de Jean-Sébastien Zanchi, qui devait peut-être pondre un article rapidement et qui déchaîne les passions, comme si le groupe Tom’s en avait besoin ?

Dans tous les cas, Free doit effectivement essuyer les critiques de personnes se plaignant de la lenteur de l’opération de portabilité du numéro.

Pour commencer, ma femme a vu son numéro porté en moins d’une semaine. Logique, nous étions parmi les premiers, je pense, à s’être inscrits. Ensuite, et c’est toujours logique, maintenant que la plateforme de création de compte est débridée, le nombre de demandes a explosé, passant, selon l’article de Tom’s, de 10 à 45 000 par jour. A noter que, se tirant une balle dans le pied, l’article précise bien que c’est le CIE EGP qui est en charge de la portabilité. Précisons également que c’est l’organisation qui coordonne les demandes de portabilités depuis et vers tous les opérateurs, et qu’ils sont indépendants de Free.

Or l’article laisse suggérer que c’est bien Free qui est en cause.

Le renouvellement de téléphone

Effectivement, chez Free, on fera l’impasse sur le renouvellement du téléphone. D’un autre côté, vous êtes libres. Se prendre un abonnement chez Free pourrait presque être considéré comme éthique : vous n’avez aucun engagement, à l’exception de prévenir 10 jours à l’avance, si vous souhaitez résilier. Or, si vous preniez un téléphone avec un forfait Free, vous devriez continuer à le payer (ce qui est parfaitement normal), même si vous résiliez.

Ensuite, votre fidélité est tout de même récompensée : si vous êtes déjà client Free, vous économisez 4 euros sur votre abonnement illimité. 4€ par mois que vous pouvez dépenser comme bon vous semble. Comment est récompensée la fidélité chez les autres opérateurs ? Vous avez des points, qui vous permettent de prendre un téléphone à 59€ ou plus, et dont vous payerez de toute façon une partie tous les mois dans votre forfait. Sachant que vous vous engagez de nouveau chez cet opérateur, vous allez payer pendant un ou deux ans une partie de votre téléphone, qui sera doté d’un beau logo personnalisé aux couleurs de votre prestataire, bridé, ne vous permettant pas d’en faire ce que vous voulez (je pense notamment au tethering).

Pas intéressant pour tout le monde

C’est vrai que passer chez Free n’est pas intéressant pour tout le monde : si vous êtes encore pieds et poings liés par votre opérateur actuel, il vous fera payer un tiers de votre abonnement si vous êtes engagés sur 24 mois et qu’il vous reste douze mois ou moins à tirer. Autrement dit, il vaut mieux être proche de la fin de son contrat pour passer chez Free. Mais une fois de plus, le problème ne vient pas de chez Free, mais des autres opérateurs.

Le prix de l’iPhone

Sérieusement, quand on est chez Free, à la base, c’est qu’on est un geek. Les vrais geeks n’ont pas d’iPhone. Les vrais geeks n’ont rien qui vienne d’Apple.

Quant aux autres, s’ils choisissent leur opérateur en fonction du téléphone, notablement quand l’opérateur en question n’en vend pas et dit à qui veut l’entendre qu’ils sont libres de le choisir, ils sont perdus. D’un autre côté c’est très bien : ils peuvent mieux se rendre compte de ce que coûte réellement un iPhone, et passeront donc peut-être sur des téléphones moins bridés, mais aussi moins chers, et surtout plus libres.

Les services complémentaires

Impossible d’avoir accès aux chaînes de télévisions ? Freebox Mobile, plugin TV, et VMPlayer. Tout le bouquet Free sur le téléphone. L’auteur ne s’est visiblement pas renseigné avant d’écrire n’importe quoi. C’est intolérable pour un journaliste (encore une fois, j’ai figuré dans les rangs de Presence-PC avant que le site soit racheté part Tom’s, puis chez Génération-NT).

Quant aux offres Spotify et compagnie, rien n’empêche l’utilisateur de souscrire des comptes à tour de bras si ça le chante. Personnellement, je n’aime pas avoir des tas de trucs préinstallés dont je ne me servirais jamais, et qui, peut-être, diffusent des informations à mon insu.

La concurrence s’est alignée

C’est une raison de ne pas passer chez Free ? Sans Free, la concurrence n’aurait pas aligné ses tarifs. Tout le monde continuerait de payer des fortunes pour un service qui vaut un peu moins que ce que Free propose (ils ont quand même besoin de faire un peu de marge, hein). Justement, il faut passer chez Free, pour montrer son indignation face à la façon dont les consommateurs ont été traités pendant toutes ces années.

Comme par hasard, aujourd’hui ils peuvent baisser leurs tarifs, alors qu’avant Free ils ne le pouvaient pas ?

L’assistance client

Sans déconner, arrêtez avec des arguments pareils, c’est mesquin. Pour commencer, les Freenautes n’habitent pas que Paris. Pour une fois qu’on pense un peu aux provinciaux avant les parisiens. Ensuite, la prérogative pour Free était de déployer un réseau qui couvre 27% de la population, avec une date butoir. Ils avaient d’autres priorités d’investissement que les boutiques Free. Par ailleurs, Xavier Niel a annoncé que des centaines de boutiques allaient ouvrir dans les années qui viennent. Comme pour SFR et Bouygues, ils doivent faire leur chemin, c’est tout.

D’autre part, leurs pages d’assistance sont suffisamment complète pour y trouver de l’aide, notamment en ce qui concerne le réglage des APN. Après, il faut savoir lire, c’est évident. Quant aux téléphones, Free n’a pas à proposer de l’assistance lorsque ces téléphones ne sont pas achetés chez eux. Et les téléphones déjà achetés chez eux sont pré-réglés pour être utilisables immédiatement.

Enfin, comme pour tout produit de consommation, c’est au constructeur de gérer la garantie, pas au revendeur, même si ce dernier peut être un intermédiaire.

Le prix du roaming data

Rien à dire là dessus. Free est un réseau français, il ne faut pas s’étonner que son utilisation à l’étranger soit chère. Par ailleurs, l’exemple proposé (les États-Unis) est, à mon humble avis, légèrement hors du champs des trois millions d’utilisateurs prévus. Je doute fortement que la grande majorité des clients Free vont chercher à se connecter au réseau depuis les États-Unis. Sans compter qu’avec un peu de jugeote, on peut se passer du roaming. Faut juste pas être con. C’est peut-être hors de portée de certains, je ne dis pas le contraire.

Limité à trois millions d’abonnés

Pour quelque chose dont on ne dispose d’aucune autre information que ce qui a été dit lors de la conférence de lancement, le titre semble quelque peu absolu. On n’y est pas encore, et comme a dit Xavier Niel, c’est un pallier, pour s’assurer que les infrastructures sont bien en place, et que le modèle économique est viable. Free n’a pas bougé ses tarifs depuis la création de leur premier accès à Internet, sauf quand l’État réclame une taxe supplémentaire. On peut donc raisonnablement avancer que Free n’augmentera pas ses tarifs par la suite.

La mort des MVNO

La mort des MVNO ? Ils ont été les premiers à s’aligner sur les tarifs de Free. Leur politique contractuelle est une alternative solide aux trois autres grands opérateurs. Les gens les ont choisi pour ça, et resteront chez eux pour ça. Free n’est pas un concurrent des MVNO, c’est bien un concurrent de Bouygues, SFR, et dans une moindre mesure jusqu’à leur indépendance, de Orange. Free Mobile a été créé pour répondre à ceux qui n’avaient pas confiance dans les MVNO, et ceux qui en avaient marre d’être pris pour des vaches à lait. C’est un marché totalement différent.

Au final, cet article est un torchon, et n’apporte rien sinon la désinformation. Free Mobile était une nécessité pour mettre en lumière les pratiques scandaleuses des autres opérateurs. Et ça a bien marché. Leur seule réponse : de la propagande, de la désinformation, relayées par Tom’s. C’est une déception.

Ceci, ajouté au codage malpropre du site (rendu dégeux sous GNU/Linux), fait que Tom’s passe à la trappe en ce qui me concerne (du moins, après la deuxième partie de leur article). Dommage, ils avaient parfois des articles intéressants.

jan
22

Téléphoner en illimité avec un forfait free à zéro euros

Cet article sort un peu du cadre de ma ligne éditoriale actuelle, mais j’avais envie de partager mon expérience avec vous.

Il s’adresse aux possesseurs d’une freebox n’ayant pas de forfait mobile illimité. A l’issue de cet article, vous aurez la possibilité de passer et recevoir des appels depuis et vers votre téléphone portable sous Android, totalement légalement et totalement gratuitement, quel que soit votre forfait.

En ce qui me concerne, j’ai pris le forfait free à 2€ (que je ne paye pas puisque je suis déjà client freebox). Par conséquent, free m’offre la télévision, le téléphone fixe et portable et Internet pour 37€ et des patates (j’ai la freebox V6), le tout en illimité. Seule contrainte : avoir un accès wifi ouvert à disposition, ou une borne freewifi.

Comment donc passer des appels gratuits et illimités depuis son téléphone portable ? Simple : SIP.

free offre à ses clients freebox un compte SIP, qu’il suffit d’activer en se rendant dans son interface de gestion, rubrique « Téléphone », puis « Gestion de mon compte SIP ». Indiquez un mot de passe, et, si vous souhaitez que vos appels sur votre ligne fixe soient « transférés » sur votre portable, cochez la case « Rediriger les appels entrants vers le compte SIP ». Ainsi, quand quelqu’un vous appellera sur votre numéro en 09, c’est votre portable qui sonnera…

Validez, puis installez l’application « Linphone » sur votre téléphone Android (l’application est disponible sous licence GNU GPL pour ne rien gâcher). Pour le paramétrage, rien de plus simple : toutes les informations dont vous avez besoin se trouvent sur la page de réglage de votre compte SIP précédemment consultée : l’identifiant est votre numéro en 09, le mot de passe que vous avez choisi, et le domaine qui est « freephonie.net ».

C’est terminé, il ne vous reste plus qu’à tester les appels entrants et sortants.

Notez encore une fois que vous ne pourrez utiliser votre téléphone en client SIP qu’à condition d’avoir un réseau wifi à portée. Vous pouvez maintenant rester des heures au téléphone, y compris avec un forfait à 0€, sans payer un centime de plus.

Ah et pour info, ça marche aussi sur une tablette Archos 7HT…

jan
20

Ce que les gouvernements devraient proposer

La culture et les médias changent, et je reprendrai les termes évoqués par beaucoup de gens y compris des politiciens, il faut que les ayants-droits s’en rendent compte. On nous y incite même, avec la VOD par exemple, accusée de tuer le marché de la location de films, alors qu’il ne s’agit que de la transformation d’un moyen de consommation. Exactement au même titre que l’informatique ne tue pas d’emplois, elle en créé de nouveaux, différents, mais tout aussi indispensables.

Ainsi, au lieu de faire fermer des sites tels que MegaUpload, nos gouvernements feraient mieux de s’en inspirer. Par ailleurs, sans les points que je vais évoquer ci-dessous, il y a peu de chances que l’offre légale soit préférée aux méthodes de téléchargement dites illégales. Enfin, bien qu’à mon sens la licence globale soit la moins pire des solutions, je pense qu’il ne faut forcer la main à personne. Alors voici mes recommandations pour une offre légale judicieuse, intelligente, et qui devrait avoir ses chances.

Offrir de la qualité

Les fichiers partagés illégalement sont de la plus haute qualité possible. Les films sont encapsulés dans du MKV sans perte ou au format ISO, la musique en FLAC ou en OGG. Les blu-ray sont proposés en 1080p, les séries dans la plus haute résolution disponible. Il est vital pour une offre légale de proposer du contenu de qualité, non compressé.

Par ailleurs, il est vital également que les majors sortent des blu-ray avec une bande son française en non-compressé. Il est scandaleux de mettre une bande son compressée sur un média comme le blu-ray.

Offrir de la quantité

Il ne servira à rien de proposer une offre légale si elle ne contient que des produits labellisés. Il faut donc oublier l’idée de ne vendre que du français, sous peine de voir les utilisateurs des services fuiter vers des solutions « illégales » à l’étranger.

Il faut donc proposer tout un panel de médias, aussi exotiques soient-ils. Du côté des films, oui, il faudra aussi proposer du porno ou bien de l’humour british. Du côté de la musique, il faudra offrir aussi bien du Justin Bieber que du Rammstein, des Beatles, du Sinatra, ou du Pavaroti.

Offrir du choix

Vu que tout le monde n’est pas équipé en HD, autant proposer aussi des films au format DVD. Et pour ceux qui n’ont pas une grosse connexion, il faut offrir du DivX. Et pour ceux qui n’aiment pas télécharger, il faut proposer du streaming. Il doit y avoir un choix réel et pertinent dans les formats de fichiers proposés.

Offrir un service rapide

A plusieurs niveaux d’ailleurs. D’une part, l’accès à l’offre légale doit être rapide et sans contrainte : saisir quatorze fois un CAPTCHA pour accéder à  un album, après s’être créé un compte puis connecté, avoir confirmé qu’on a plus de 18 ans, etc. n’est pas tolérable. Quand on veux un film ou une musique, on la veut tout de suite, et généralement, anonymement.

D’autre part,il est intolérable d’avoir quinze minutes de publicités sur un film que l’on a acquis légalement, comme il est parfaitement intolérable de voir deux à cinq avertissements concernant l’interdiction de reproduire le film. D’abord parce que c’est inefficace (une fois ripé, ces avertissements n’existent plus) et d’autre part parce qu’on ne voit ces avertissements que sur des copies légales.

Pour offrir un service rapide, un investissement doit être effectué. Mais si les particuliers ayant ouvert MegaUpload ont été capables de dépenser 65 millions de dollars depuis 2005 pour leur hébergement et leur bande passante pour fournir un service rapide à leurs clients, cela ne devrait pas poser de problèmes à un gouvernement capable de dépenser 4 millions pour un site qui ne fonctionne pas, ou des dizaines de millions pour une loi liberticide.

Offrir un service gratuit

Il faut proposer aux utilisateurs un service gratuit. Les visiteurs occasionnels peuvent être bridés au niveau du débit ou du volume de téléchargement. Les visiteurs réguliers doivent pouvoir payer un abonnement leur permettant de s’affranchir de ces limites. Autrement dit, plus on consomme, plus on paye. C’est fair-play, ne nuit à personne, et n’empêche pas en plus de mettre en place de la publicité. Ça se monnaye, et plutôt bien même.

Éduquer

Je conclurai cet article sur l’importance de la plateforme légale en terme d’éducation, et pas que celle des internautes, mais aussi des artistes et des majors. Il est vital que les artistes qui n’ont pas encore compris l’intérêt de s’auto-produire soient informés des bénéfices apportés par cette solution. Par ailleurs, il est tout aussi vital pour les gouvernements d’informer les majors que les moyens de consommer la culture changent, et que c’est le partage de la culture et des connaissances qui a permis à notre civilisation de traverser les siècles, et que par conséquent, brider l’accès à la culture comme ils le font, c’est faire régresser notre civilisation.

jan
20

La Première Guerre Mondiale « virtuelle » ?

Cela reste dans le domaine de l’invisible pour beaucoup de monde, mais nous sommes peut être en train d’assister à la Première Guerre Mondiale virtuelle, entendez par là : « sur Internet ».

Il y a quelques heures, le FBI faisait fermer le site megaupload.com, qui était une source privilégiée pour télécharger illégalement de nombreux fichiers vidéos ou musicaux, ou des jeux, ou encore des systèmes d’exploitation non-libres.

En un éclair, les Anonymous ont pris d’assaut certains sites gouvernementaux liés aux ayants-droits. Les sites de la MPAA, de la RIAA, d’Universal ont été mis hors ligne. La page facebook du FBI voit le nombre de commentaires exploser, notamment rédigés en ASCII Art par des tunisiens, tandis que, de son côté, notre propre président se réjouit de l’action des fédéraux américains. Mais les Anonymous ont twitté leur intérêt pour hadopi.fr…

Alors, est-ce que le soulèvement des Hommes Libres de part le monde est finalement en train de se faire, après le feu mis aux poudres dans l’affaire megaupload ? Ou n’est-ce encore qu’une action relativement isolée ? Les tunisiens et les Anonymous s’attaquent tout de même à des sites gouvernementaux, est-ce que les États-Unis vont leur faire la chasse ? Est-ce qu’il vont rallier d’autres hackers ?

Et nous ? Comment nous positionner si conflit il y a ? Sommes-nous des « citoyens du monde » ? Sommes-nous neutres ? Devons-nous afficher notre allégeance ?

Peut-être que les prochaines heures vont marquer le début d’une première guerre mondiale sur Internet. Ou pas. Dans tous les cas, je suis pour la Liberté, et pour les Geeks !

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