Messieurs les « penseurs », hauts-dirigeants, souverains des pays, vos peuples en appellent à votre bon sens. Vous avez le monde entre vos mains, et « vous jouez avec comme un gosse qui a trouvé le flingue de son père ». Votre intarissable soif d’argent a fini par vous menez, opportunistes et égoïstes que vous êtes, à diriger des pays qui, autrefois, furent de grands pays. Les alliances que vous nouez, secrètement, sont tout aussi répréhensibles que les alliances de malfaiteurs que vous poursuivez. Vous avez leurré vos peuples en leur promettant pureté, transparence, sécurité. Depuis le début de cette année 2012, vous montrez à vos peuples vos vrais visages.
Nous savions, nous avons toujours su, que vous intentions n’étaient pas aussi pures que prétendues. Mais vous nous octroyiez tout de même notre liberté. Maintenant que vos pays ont traversé de graves crises politiques et financières, vous n’avez presque plus rien à ôter à vos peuples. Seulement leur liberté.
Vous pouvez encore contrôler certains de vos gens, ceux n’ayant pas ou ne s’intéressant pas à Internet, parce qu’ils n’ont pas accès aux pensées mondiales, ou la possibilité de communiquer avec elles. Vous les enfermez dans ce carcan, dans ce linceul qu’est la pensée unique : la votre, tandis que ceux pour qui Internet est « la mère patrie » vous observent. Nous vous observons, et tôt où tard, nous vous condamnons. Pourquoi ? Parce qu’Internet n’appartient à personne, parce qu’Internet appartient à tout le monde. Internet n’est pas un organisme gouvernemental, il n’est pas et ne peut pas être géré par la politique, parce que nous, ses habitants, nous nous y opposons. En resserrant vos liens autour du réseau mondial, vous accélèrerez la mise en route de réseaux parallèles, que jamais vous ne pourrez contrôler.
Nous nous opposons, et nous le ferons avec la même véhémence que vous, à tout contrôle sur Internet. Si vous usez de la voie diplomatique, nous riposterons par la diplomatie. Si vous employez la force, nous emploierons la force.
En premier lieu, nous nous battons pour la Liberté. Pas la liberté de « pirater ». La Liberté, celle de s’exprimer, en nom propre ou sous un pseudonyme, illustré par notre propre photo ou par un avatar. La Liberté de dévoiler ce que vous voulez cacher à vos peuples. La Liberté pour tous de savoir ce que vous faites de l’argent public, comprendre pourquoi vous doublez ou tripler vos salaires, pourquoi votre ingérence a coulé vos pays. Nous voulons tout savoir, nous exigeons de tout savoir. C’est notre droit – notre Liberté – de savoir, ou plus exactement, c’est votre devoir en tant que souverains. Alors, avant de réclamer de la transparence de vos peuples, ayez la décence de l’être vous-même. Nous n’avons pas élu des dirigeants pour qu’ils s’enrichissent, pour qu’ils puissent voyager en jets privés, boire des cocktails, manger des gambas préparées par des chefs étoilés et rouler en voiture de luxe. Nous avons élu des dirigeants responsables, chargés d’assurés la pérennité de leur pays, la sécurité et l’intégrité de leurs peuples.
Ensuite, nous nous battons pour la sécurité. Les lois et traités dont nous parlons actuellement, tels que SOPA, PIPA, ACTA, LOPPSI, vont à l’encontre d’un principe séculaire : les États ont pour mission d’assurer la sécurité de leurs peuples. Autoriser des tiers à avoir un accès direct à des informations personnelles met en péril l’intégrité physique et psychologique de vos peuples. Vous donnez tout pouvoir à des sociétés mafieuses de faire taire à tout jamais ceux qui s’opposent à elles. Ces lois et traités ne sont pas seulement liberticides, ils sont également meurtriers. Pire encore : vous n’assassinez pas vous-même vos peuples, vous mandatez des tueurs à gage pour le faire. Nous, Internautes de tous pays, de toutes nationalités, de toutes religions, exigeons le retrait immédiat de telles menaces à nos vies. Aucun gouvernement au monde n’a le droit de faire peser de telles ignominies sur les épaules de son peuple.
En tant qu’Internautes, nos réclamons votre retrait de toute affaire politique concernant Internet. En tant que français, polonais, tunisiens, américains, norvégiens, russes, chinois, nous réclamons que vous vous recentriez sur les problèmes de nos pays, en commençant par vous remettre en question. En tant qu’Hommes et Femmes, nous exigeons que vous nous rendiez nos Libertés, notre sécurité, que vous abandonniez les sociétés mafieuses que vous enrichissez et qui vous enrichissent. Nous voulons pouvoir à nouveau aimer nos dirigeants, en être fiers, et être fiers de nos nations. Et pas par crainte. Par respect.
Les voix de vos peuples s’élèvent depuis trop longtemps sans jamais atteindre la moindre oreille pour les écouter. Déjà certains se sont soulevés mais vous continuez d’ignorer vos peuples, préférant les séduisantes sérénades des sociétés mafieuses, des gouvernements implacables, des accords juteux, dans un mépris total de ceux qui vous ont fait confiance en votant pour vous.
Aujourd’hui, en 2012, d’une seule voix, les Internautes du monde entier vous le disent : « Cela suffit ». Nous ne permettons plus que vous votiez des lois à huis-clos, que vous signiez des traités en comité restreint. Nous sommes représentés par des centaines de personnes dans chaque pays. Comment pouvons-nous encore faire confiance à des dirigeants capables de voter des lois lorsque seulement une dizaine de ces représentants sont présents ? Comment peut-on encore nommer cela « Démocratie » ? C’est insulter la mémoire de ceux qui sont morts pour faire tomber les rois, la mort de ceux qui nous ont préservé des tyrannies et des dictatures.
Peut-être que nous n’avons pas agi comme les Anonymous. Peut-être que nous n’avons pas encore eu à combattre comme les tunisiens. Mais le moment venu, nous aussi, nous nous battrons pour notre Liberté. Et sachez bien cela : les Internautes qui se battront contre leur gouvernement seront épaulés par les Internautes des autres pays, parce qu’Internet est un pays dont les habitants sont solidaires.






